La diminution invisible se fait en piquant dans le brin avant de deux mailles consécutives, puis en fermant une maille serrée à travers ces deux brins. Elle réunit deux mailles en une, comme une diminution classique, mais elle ne laisse presque pas de bosse ni de trou. C'est la diminution utilisée dans la plupart des patrons d'amigurumi.
Pourquoi « invisible » ?
Une diminution classique (on ramène une boucle dans chaque maille puis on ferme à travers trois boucles) laisse une petite marque : la maille est plus épaisse, et un léger trou peut apparaître à côté. Sur une tête où l'on fait six diminutions par tour pendant plusieurs tours, ces marques s'accumulent et dessinent des lignes.
La diminution invisible utilise seulement le brin avant de chaque maille. Le brin arrière reste à sa place et continue de couvrir le tissu : le résultat est plus plat et plus régulier.
Le geste pas à pas
- Piquez sous le brin avant de la maille suivante seulement. Ne ramenez pas de boucle.
- Sans rien ramener, piquez aussi sous le brin avant de la maille d'après. Vous avez maintenant trois boucles sur le crochet : celle d'origine et deux brins avant.
- Faites un jeté et ramenez-le à travers les deux brins avant. Il reste deux boucles sur le crochet.
- Nouveau jeté : traversez les deux boucles restantes pour fermer la maille.
Voilà : deux mailles du tour précédent n'en forment plus qu'une. Dans un patron, on lit souvent « dim inv », « inv dec » ou simplement « dim » avec une note qui précise la méthode.
Différences avec la diminution classique
| Diminution classique | Diminution invisible | |
|---|---|---|
| Où on pique | sous les deux brins de chaque maille | sous le brin avant seulement |
| Boucles sur le crochet avant le jeté final | 3 (après deux boucles ramenées) | 2 (après avoir ramené le fil à travers les deux brins) |
| Aspect sur l'endroit | petite bosse, parfois un trou | presque plat |
| Usage courant | tissus en rangs, pièces où l'aspect compte peu | amigurumis, têtes, corps |
Les pièges à éviter
Piquer dans le mauvais brin
Le brin avant est celui le plus proche de vous quand vous regardez l'endroit du travail. Si vous piquez dans le brin arrière, la diminution laisse une ligne de relief à l'extérieur. Si vous travaillez avec l'envers vers l'extérieur (ce qui arrive en spirale), vérifiez de quel côté se trouve l'endroit avant de commencer les diminutions.
Serrer trop fort
En tirant fort sur le fil lors du jeté final, la maille se rétrécit et fronce le tissu autour. Gardez la même tension que pour une maille serrée.
Oublier de compter
Une diminution invisible bien faite se voit peu… ce qui la rend aussi plus difficile à compter. Comptez vos mailles à la fin de chaque tour de diminution, surtout quand il en reste peu.
Pourquoi un trou apparaît quand même
Si un petit trou reste visible malgré la diminution invisible, plusieurs causes sont possibles :
- le tissu est trop lâche en général : prenez un crochet plus petit ;
- la maille suivant la diminution est trop tirée : relâchez légèrement ;
- la pièce n'est pas assez rembourrée à cet endroit et se creuse : complétez la ouate avant de continuer.
Notre article sur les trous entre les mailles développe ces points.
Diminution invisible en fin de pièce
Les derniers tours d'une tête ou d'un corps se resserrent vite : à 12 puis 6 mailles, le crochet a peu de place. Prenez votre temps, piquez bien dans chaque brin avant, et rembourrez avant d'atteindre 12 mailles. Le guide pour fermer un amigurumi proprement montre la suite : passer le fil dans les brins avant des 6 dernières mailles et serrer.
Et l'augmentation ? Faut-il une version invisible ?
Les augmentations laissent elles aussi une petite marque, mais elle est généralement plus discrète. Pour les rendre encore plus régulières, on les décale d'un tour à l'autre, comme expliqué dans notre guide sur l'augmentation et la diminution au crochet. Certains crocheteurs utilisent aussi des augmentations dans le brin arrière pour un rendu plus lisse ; c'est une préférence personnelle.
S'entraîner
Le plus simple est de crocheter deux demi-sphères identiques, l'une avec des diminutions classiques, l'autre avec des diminutions invisibles, puis de les comparer à la lumière. La différence saute aux yeux, surtout sur un fil clair. C'est aussi un bon moyen de vérifier que vous piquez dans le bon brin.
Un exemple de tours de fermeture
Sur une tête de 36 mailles, les tours de fermeture ressemblent souvent à ceci : « *4 ms, 1 dim* 6 fois (30) », puis « *3 ms, 1 dim* 6 fois (24) », et ainsi de suite jusqu'à 6 mailles. Chaque « dim » est ici une diminution invisible. Sur ces cinq tours, vous en ferez trente. Avec une diminution classique, ces trente petites bosses se verraient sur le dessus de la tête ; avec la version invisible, la surface reste lisse, et c'est précisément là que le regard se pose.
Pensez à décaler vos diminutions d'un tour à l'autre, exactement comme les augmentations : commencer certains tours par deux mailles serrées plutôt que par la diminution évite que les diminutions s'alignent en six lignes visibles.
Combinaison avec le brin avant et le brin arrière
Comme la diminution invisible utilise les brins avant, elle se combine bien avec les tours travaillés dans le brin arrière, qui laissent justement des brins avant libres. Pour comprendre la structure des deux brins d'une maille, voyez le brin avant et le brin arrière.
À retenir
Brin avant, brin avant, un jeté à travers les deux brins, un jeté à travers les deux boucles : la diminution invisible s'apprend en quelques essais et donne aux têtes et aux corps d'amigurumi une surface plus lisse qu'une diminution classique.








